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Œkonomia

Vers une nouvelle crise bancaire - Part I

Depuis plus d’un an, nous annonçons que le fondement du fonctionnement des marchés financiers est profondément modifié par la crise : les emprunts d’Etats de pays développés, réputés les plus sûrs placements au monde, sont devenus des actifs à haut risque. Les prêteurs à ces Etats commencent à leur demander des primes de risques, comme sur les emprunts à risque d’entreprises - et c’est ce qui est en train de se passer.

L’EUROPE CHANCELANTE

L’événement décisif est le suivant :
L’Etat Grec ne parvient pas à rassurer les marchés – les marchés exigent aujourd’hui plus de 7% d’intérêts pour accepter de prêter à l’Etat grec...
D’ordinaire, dans ces cas de risque de défaut de paiement d’Etats, le FMI vient à leur secours - et c’est bien le rôle de cette institution.
Or ici, une aide du FMI (la solution habituelle dans ces situations) est rendue presque impossible du fait de l’appartenance de la Grèce à l’Union Monétaire Européenne : en effet, le FMI, systématiquement, exige la dévaluation de la monnaie du pays aidé.
Mais c’est naturellement impossible à obtenir pour un pays appartenant à l’Euro ! En effet, il faudrait l’accord des autres pays membres, et que une dévaluation soit financièrement cohérente avec leurs économies...ce qui n’est bien sûr pas le cas !

Notre préoccupation :

Le Financial Times annonce ce matin que les Grecs, paniqués par le risque de faillite de leurs banques, ont retirés près de 10 Milliards d’euro de leurs dépôts auprès des banques grecques, pendant les seuls mois de janvier et février 2010.
Ce qui représente 4.5% des dépôts détenus par ces banques, en deux mois...
Ainsi, les banques grecques voient diminuer fortement les dépôts, leur servant à garantir les prêts qu’elles accordent aux Etats, aux particuliers, aux entreprises...
Mais, en plus de cela, les banques grecques voient la valeur de leurs prêts à l’Etat grec se réduire considérablement sous l’effet de la très forte hausse des taux d’emprunts...
Les banques grecques font ainsi face à de nouvelles dépréciations d’actifs. Comment pourront-elles financer l’économie à l’avenir ?
Nous voyons mal comment la Grèce peut échapper au cercle vicieux de récession/hausse des taux longs - sauf si les politiques parviennent à trouver une solution convaincante...mais laquelle ?
Mais ces dépréciations d’actifs ne concernent pas seulement les banques grecques :
En effet, les banques françaises et allemandes sont les plus importants porteurs de dette d’Etat grecque : elles détiennent pour environ 75 Milliards d’euros de ces titres.
Or, comme nous l’avons anticipé depuis l’année dernière, les investisseurs commencent à demander des primes de risques de défaut de paiement, lorsqu’ils prêtent aux Etats développés.
Et donc ces titres (dette d’Etat, grecque pour le moment) commencent leur forte dépréciation, et les actifs bancaires servant à garantir les prêts se déprécient également...dans les banques des pays européens.
Ceci est susceptible d’entrainer une nouvelle raréfaction du crédit en Europe (crédit Crunch), qui aurait pour conséquence :
1°) la croissance européenne (la plus faible des pays développés) serait encore réduite – certains pays plongeront dans la récession ;
2°) les Etats des pays européens verront leur solidité́ budgétaire aggravée à nouveau, tout comme leur solvabilité́, du fait de l’impossibilité́ de faire entrer dans les caisses des Etats les recettes budgétaires liées à la « reprise ».
Aussi, nous concentrons encore un peu plus nos portefeuilles sur nos principaux axes de convictions, dont la justesse est confirmée.

Christophe Brochard
Conseil en investissement agréé
Chargé de cours en master 2 de Gestion de Patrimoine à l’Université de Strasbourg

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