Nous nous tenons à votre disposition pour toute demande d’information concernant nos façons de travailler, ou pour convenir d’un rendez-vous, sans engagement.

      • Vous souhaitez être rappelés ?

      • Laissez-nous vos coordonnées et vos horaires de préférence.

      • heures



Notes sur le patrimoine

Notes sur le patrimoine

Rendement des fonds en euros d’assurance vie

Perspectives et nouveaux risques


Le rendement des fonds en euros, est composé de deux éléments :

  1. Le taux minimum garanti : défini chaque année par décret, il est identique pour chaque compagnie d’assurance. Il correspond au maximum à 75% du taux moyen des emprunts d’Etats.
  2. La participation aux bénéfices : au 31 décembre de chaque année, les compagnies d’assurances doivent reverser au minimum 85% des bénéfices techniques et financiers (hors réserve) réalisés grâce à l’argent des assurés.

Capital : Les fonds en euros d’assurance vie sont des placements dont le capital est ga­ranti par l’assureur. Traditionnellement, le fonds en euro est investi très majo­ritairement en obligations d’État de la zone euro. Les fonds sont obligés de conserver ces titres jusqu’à leur remboursement par les Etats emprunteurs, afin de garantir et de financer le capital.

Depuis 2002, face à la baisse constante des taux de rendement des emprunts d’États, les fonds en euros, en recherche de rendements plus importants, se sont généralement por­tés sur la dettes d’États d’Europe du Sud (Grèce, Portugal, Espagne, Italie…), nouvellement entrés dans la zone euro. Si la pondération des fonds en euros sur ces dettes varie d’un fonds à un autre, la pondération précise d’un fonds en euro est extrêmement difficile à obtenir : il n’y a aucune obligation de communiquer sur la teneur interne de ces fonds (contrairement aux opcvm).

En outre, toujours pour se « protéger » de la baisse des rendements des dettes d’États, ils se portent de plus en plus sur l’immobilier (le rendement locatif devenant supérieur à celui des obligations d’États), et, plus récemment, vers les actions européennes à haut dividendes : les compagnies d’assurances se couvrent alors contre les variations de cours de ces actions, par l’achat d’options, permettant de sécuriser à terme la valeur du capital. L’immobilier, quant à lui, ne peut être couvert.

Les fonds en euros comprennent également un volant variable de trésorerie : ces liquidités sont destinées à pourvoir honorer les retraits, par les assurés, sans avoir à vendre le capital constitutif du fonds.

Qu’y a-t-il en moyenne dans les fonds en euros ?

Composition moyenne des fonds en euros (entre le 30/06/2007 et le 15/04/2008)

Si l’on en croit « Comparatif Assurance vie.com », la composition moyenne des fonds en euros comprend 63% d’obligations d’États, 12% d’immobilier, 16% d’actions, 9% de trésorerie.

Or, la crise que nous traversons fait porter de nouveaux risques conjointement sur chacune des classes d’actifs présentes dans les fonds en euros.

Ces risques pèsent à la fois sur le rendement à venir de ces fonds, et, de façon extra-contractuelle, sur le capital de ces derniers (cf. ci-après).

Les perspectives de rendement des fonds en euros

Comme indiqué ci-dessus, les fonds en euros sont contraints de conserver les obligations d’États jusqu’à l’échéance ou au remboursement de ces obligations. Cela signifie que les fonds en euros offrent un « retard permanent » sur l’évolution des rendements des obligations.

Depuis une vingtaine d’années, pendant lesquelles les taux de rendement et l’inflation n’ont cessé de baisser, ce retard était à l’avantage des fonds en euros.

Un rendement nominal durablement proche de 0% : Or, la crise que nous traversons depuis 2007 comprend une baisse « artificielle » des taux d’emprunts des Etats réputés « solides » : en effet, le ralentissement économique durable que nous affrontons, pousse les banques centrales à maintenir des taux d’intérêts proches de 0%. Ainsi, les taux d’emprunts d’États jugés solides sont également à des plus bas niveaux historiques depuis près de 4 ans.

Les fonds en euros ont dus, pendant ces années, acquérir des obligations à des taux d’intérêts extrêmement bas, qu’ils devront conserver jusqu’à échéance : aussi, le rendement net des fonds en euros sera durablement baissier dans les années à venir.

L’entrée dans un nouveau cycle long d’inflation importée : La vigueur de l’entrée dans la consommation des nouveaux pays émergents est véritablement le cœur de la révolution mondiale que nous connaissons actuellement.

La Chine, par exemple, est déjà à ce jour le premier consommateur de pétrole au monde, devant les USA… Aussi, même en situation de très faible croissance des pays développés, marquée de passages récessifs, la très forte croissance des émergents suffit à exercer une pression structurelle à la hausse sur les matières premières. Les coûts de production augmenteront donc aussi dans le monde occidental, et cette hausse sera répercutée sur les prix – en générant de l’inflation importée.

Remarquons bien que, s’agissant d’inflation importée, elle ne s’accompagne pas d’une augmentation corrélative du pouvoir d’achat des ménages (comme c’était le cas pendant les Trente Glorieuses), mais bien au contraire, d’une réduction de ce pouvoir d’achat, directement obéré par la hausse tendancielle du coût de la vie.

Face au caractère structurel et durable du ralentissement de l’activité économique dans les pays développés, les fonds en euros distribueront durablement des rendements inférieurs au taux d’inflation.

Et ce, même sans compter que les nouveaux, et importants risques pesant sur le capital de ces fonds, obligent déjà les assureurs à prélever une partie de plus en plus importante du rendement des fonds en euros, pour les placer en réserve en cas de forte dépréciation de ce capital.

Les nouveaux risques sur le capital des fonds en euros

Les fonds en euros sont en train de concentrer une forte exposition aux principaux risques pesant sur les pays développés. Voici lesquels :

  • Risque de défaut d’un (ou plusieurs) État(s) dans le remboursement de sa dette :
  • Les fonds en euros détiennent majoritairement des emprunts d’Etats de la zone euro. Et comme nous l’avons signalé plus haut, ces fonds en euros se sont, pour la plupart d’entre eux, portés sur les obligations des États d’Europe du Sud (Grèce, etc.), alors jugées solides par des agences de notation relativement peu scrupuleuses.
  • La situation de faillite annoncée de la Grèce (entre autres) occasionnera des pertes en capital pour les fonds en euros. En outre, la contagion de la crise de la dette à d’autres Etats jugés plus solides (l’Italie, l’Espagne, la France ?) devrait entraîner d’autres défauts – et donc des pertes sèches dans le capital des fonds en euros, qui devront être compensées par les assureurs, s’ils en ont les moyens… Les sommes en jeu sont colossales.
  • Risque de faillite d’établissement financiers (banques / assurances) :
  • Les dettes d’États étant majoritairement détenues par les banques et les assurances, ainsi que par les particuliers au sein de leurs assurances vies, un défaut, même partiel, d’un Etat européen, entraînera des faillites au moins techniques de ces mêmes banques et compagnies d’assurances.
  • Aussi, les produits dérivés permettant aux assureurs de se couvrir contre le non-remboursement de dettes par les États (cds), ou contre la baisse des actions qu’ils détiennent (options), risquent de ne plus trouver de contrepartie : autrement dit, la banque ou l’assurance émettrice de ces garanties se retrouvera très probablement dans l’incapacité d’honorer ces contrats.
  • Pour information, le marché des seuls cds représente à ce jour 40% du pib mondial…
  • Risque de baisse des prix de l’immobilier :
  • Enfin, en cas de baisse des prix de l’immobilier, la valeur des actifs réels détenus dans les fonds en euros sera obérée directement du même montant.
  • La baisse du marché immobilier, à terme, nous semble inévitable du fait de la nécessité, pour les banques et compagnies d’assurances, de diminuer leurs encours de prêts pour assumer d’éventuels défauts sur les dettes d’États ; du fait aussi de ce que la très forte hausse de ces actifs, ne s’est pas accompagnée d’une hausse du revenu des ménages. Enfin, l’inflation à venir est importée, c’est-à-dire qu’elle ne devrait pas arranger la tendance durablement baissière du pouvoir d’achat des ménages.
Merci d'activer le javascript pour profiter pleinement de ce site