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Œkonomia

Les marché mondiaux intègrent brutalement la nouvelle donne mondiale

Les raisons de la correction des marchés développés (USA, Europe, Japon)

Le discours de Barack Obama

Le déclenchement de la baisse des marchés des pays développés a été un discours offensif du Président des Etats Unis, appelant à une nouvelle régulation des institutions financières, afin d’éviter une nouvelle crise financière.
Il a notamment souhaité 1°) interdire aux banques de dépôts de réaliser des opérations spéculatives pour compte propre ; 2°) démanteler les banques « trop importantes pour pouvoir faire faillite sans entraîner un risque systémique ».
C’est une proposition éminemment salutaire politiquement, qui a été courageusement soutenue par Nicolas Sarkozy à Davos - mais qui s’est heurtée brutalement aux intérêts de grandes banques d’investissements américaines...

La « faillite annoncée » de la Grèce

Puis, soudain, en Europe, les inquiétudes sur la solvabilité de l’Etat grec ont entraîné une véritable vente panique sur les marchés des pays développés.
D’après nos informations, cette crise-panique a été initiée par les attaques sur la dette grecque d’une grande banque d’investissement américaine et de deux hedges funds anglo-saxons. Ceux-ci auraient vendu, de façon massive (concertée ?) des CDS (Credit Default Swap - ie. des dérivés sur la dette de l’Etat grec). Et, dans un contexte d’inquiétude croissante des marchés concernant les dettes d’Etats, ces ventes ont entraîné les marchés actions et obligations, ainsi que la devise €, dans une baisse brutale...

...ET SES CONSEQUENCES

Les solidarités de l’Union Européenne à l’épreuve

Comme les attaques contre la dette souveraine grecque ont entraîné une déstabilisation aussi brutale de la monnaie unique, les principaux membres de l’UE se sont réunis à plusieurs reprises pour annoncer que celle-ci ne laisserait pas un de ses membres faire faillite - il semble que, sous pression de l’Allemagne et de la France notamment, des solutions d’assistance multilatérales, moyennant de très forts engagements de réduction du budget grec (mise en place de politiques drastiques d’austérités) auraient été trouvées. Néanmoins, nul n’en connaît encore réellement la teneur - à ceci près que, sans doute de façon regrettable, la crise n’a pas, pour l’instant, permis de créer une gouvernance budgétaire unifiée au sein de la zone euro (les options d’un emprunt européen ayant été écartée, au profit de solutions de soutien directes entre pays). Les marchés comme l’euro demeurent sous tension.

La valorisation de l’euro intègrera durablement le risque nouveau des faillites d’Etats

Ces événements, que nous avons très bien anticipés dans nos prises de positions de portefeuille en janvier 2010 (cf. Anticipations 2010), marquent un bouleversement fondamental du comportement des marchés à l’égard des Etats : l’infaillibilité des Etats en matière de dette était le fondement sacro-saint des marchés - dès que le risque action augmente, on voyait les investisseurs se réfugier vers les emprunts d’Etats considérés comme sûrs (USA, Europe, Japon). Aujourd’hui et désormais, les investisseurs vont évaluer le risque de défaut de paiement dans les emprunts d’Etats, de la même manière qu’ils le faisaient pour des entreprises. Ceci, lié au surendettement des Etats de pays développés, devrait conduire à une hausse des taux d’emprunts long, et donc à un fort risque de crise obligataire, dont le Grèce nous donne en ce moment un premier exemple - qui fait trembler les marchés mondiaux... La valeur des devises des pays développés, en conséquence, intégrera également une importante part de ces craintes de faillite d’Etats.

L’euro a baissé de plus de 5% par rapport au dollar en quelques semaines !

Nous avons d’ores et déjà intégré ces données dans nos portefeuilles : nous nous sommes fortement désengagé des emprunts d’Etats développés depuis plus de six mois ; notre exposition aux obligations et actions des pays émergents (qui sont très peu, voire pas du tout, endettés) est, depuis le début du mois de janvier, de loin, notre plus importante position (de 40% à 75% de nos portefeuilles selon les profils).

La reprise en Zone Euro sera durablement pénalisée par des poches de récessions

L’exemple de la Grèce : surendettée, la Grèce est en train de mettre en œuvre des mesures drastiques d’austérité budgétaire, alors même que son économie intérieure, à l’issue de la crise, se porte déjà très mal. Pour exemple, entre autres mesures exigées par l’UE, il est prévu le remplacement d’un fonctionnaire...sur 5 !
L’Espagne, le Portugal, sont dans une situation tout à fait analogue, bien que moins extrême - et ces situations locales pèseront sur la devise Euro, ainsi que sur les taux d’emprunts d’Etats de l’ensemble des pays européens.

Nous ne voyons pas comment ces pays pourraient échapper à une récession durable...

Nos portefeuilles, principalement exposés aux monnaies émergentes, au dollar, à la couronne suédoise, ont bénéficié de la baisse de l’euro par rapport à ces monnaies, comme d’un amortisseur sensible à la baisse. Nous continuons à nous investir dans les monnaies émergentes, pour bénéficier de leur inévitable revalorisation - comme depuis plus d’un an.

LES NOUVEAUX EMERGENTS : UN AUTRE MONDE

Les marchés émergents ont également baissés, quoique beaucoup moins que les marchés européens - mais pourquoi ?

Vers la mi-janvier, pour éviter une surchauffe de l’économie INTERIEURE chinoise, les autorités chinoises ont 1°) augmenté leurs taux d’intérêts, afin de renchérir le coût du crédit aux particuliers et aux entreprises ; 2°) elles ont interdit à 5 de leurs plus importantes banques d’accorder aucun crédit jusqu’à fin février ; 3°) elles ont relevé le ratio du dépôt de réserve obligatoire des banques privées auprès de la banque centrale - limitant en cela la propension des banques chinoises à prêter...
Comme si cela ne suffisait pas, trois semaines plus tard (ce matin, en réalité !), le gouvernement chinois a une seconde fois relevé le ratio de dépôt de réserve des banques chinoises...en prenant les marchés par surprise : nul n’anticipait une décision aussi rapide...
Les marchés craignent de plus en plus pour la croissance mondiale, si la Chine bride trop le développement de son économie intérieure - ce n’est en effet plus un secret pour personne que là, se trouve le principal moteur de la croissance mondiale de demain.
En réalité, la Chine veut que le crédit bancaire soit plus raisonnable, et elle commence à être extrêmement vigilante sur l’inflation - prouvant une fois de plus l’exceptionnelle maturité économique et la grande capacité de se projeter à long terme des autorités chinoises.
Il faut noter que les économistes estiment que chaque augmentation des réserves obligatoires limite d’environ 300 Milliards de Yuan la liquidité injectée sous forme de prêts dans l’économie chinoise.
C’est un montant qu’il faut rapporter à l’augmentation record des nouveaux prêts, durant l’année 2009, qui s’élève à ...+ 9 600 Milliards de Yuan... Une paille...
Or, en janvier 2010, le montant des nouveaux prêts à atteint 1 390 Milliards de Yuan (148 milliards d’euros) - le niveau le plus important de toute l’histoire chinoise...
Il nous paraît plutôt sain, et non dangereux pour la croissance intérieure chinoise, de contrôler ces encours de crédit, afin de limiter l’accroissement de créances douteuses, et de rendre réellement pérenne la croissance chinoise.

Notre stratégie d’investissement consiste à privilégier les petites et moyennes capitalisations, quelquefois « oubliées » des marchés, et tournées vers l’économie domestique (actions). Au point de vue obligataire, nous continuons d’investir en dettes souveraines et privées sur les marchés émergents, pour profiter 1°) de l’appréciation à notre sens durable de ces devises par rapport à l’euro, 2°) de l’accroissement de la solidité de ces emprunts. Une hausse des taux dans ces pays, en un sens paradoxalement, témoigne de la solvabilité toujours plus forte de ces Etats, et de l’accroissement de la qualité de leur signature...(à l’inverse des pays développés).

Christophe Brochard
Conseil en Investissement agréé
Chargé de cours en Master 2 à l’Université de Strasbourg

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