Nous nous tenons à votre disposition pour toute demande d’information concernant nos façons de travailler, ou pour convenir d’un rendez-vous, sans engagement.

      • Vous souhaitez être rappelés ?

      • Laissez-nous vos coordonnées et vos horaires de préférence.

      • heures



Nos thèmes d’investissements

Nos thèmes d’investissements

Les nouveaux marchés frontières

Et le réveil de l’Afrique

L’une des conséquences les plus intéressante de la hausse des salaires et de l’essor de la consommation intérieure dans les grands pays émergents est la découverte de tous nouveaux marchés, dits « marchés frontières ».

En effet, comme la hausse des salaires fait perdre de la compétitivité aux pays émergents, de très nombreuses entreprises sont à la recherche de coûts salariaux moindres, pour leur production. Si certaines entreprises qui produisaient dans les pays émergents reviennent vers les pays développés, encore plus nombreuses sont les entreprises qui délocalisent leur production à faible valeur ajoutée dans de nouveaux pays, pour produire à moindre coût les produits destinés à la consommation des pays émergents notamment. Ce sont en particulier le Nigéria, le Ghana, la Mauritanie, le Mexique, la Colombie, le Chili, les Philippines, la Colombie, le Bangladesh, la Thaïlande, le Kazakhstan, la Bulgarie…

Alors que les grands marchés émergents arrivent peu à peu à maturité, les marchés frontières portent en eux le potentiel de croissance le plus élevé du monde pour les prochaines décennies : une industrialisation importante de ces marchés est à prévoir, et avec elle, le développement progressif d’une consommation intérieure à ces marchés frontières.

Selon Goldman Sachs, d’ici 2050, les dix pays africains les plus peuplés pourraient voir leur taille multipliée par quinze, et le Nigeria deviendrait alors un marché aussi vaste que l’Allemagne. Ces économies encore peu développées affichent naturellement un très fort potentiel en matière d’industrialisation.

« C’est un univers encore inexploré, exclu des écrans radar » a déclaré Rami Sidani, responsable de la gestion Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) chez Schroders. Les marchés frontières représentent aujourd’hui la même opportunité d’investissement que la Russie, la Chine ou l’Inde il y a 10 ou 15 ans.

Il s’agit de la deuxième vague des pays émergents.

Investir sur ces nouveaux marchés frontières comporte des risques particuliers, en termes de liquidités, de capital et de risque politique. C’est pourquoi il est ici plus qu’ailleurs nécessaire de disposer de compétences et d’une connaissance du terrain que peu de maison de gestion possèdent.

Grâce à notre méthode d’investissement de sélection des meilleurs gérants de portefeuilles mondiaux, le principal gestionnaire de portefeuille que sollicitons dans nos portefeuilles pour les marchés frontières est Mark Mobius, Templeton – l’un des dix meilleurs gestionnaires de portefeuille du 20e siècle selon un sondage réalisé par Carson Group en 1999.

Nous reproduisons ici les notes de voyages de l’été 2013, de Mark Mobius, avec l’autorisation de Franklin Templeton.


Carnets de voyages

Notes depuis la frontière Nigériane

Par Mark Mobius, Templeton

Dans les rues de Lagos, Nigeria

« De nombreux marchés frontières continuent à nous sembler particulièrement attractifs par rapport à plusieurs pays développés et à même certains marchés émergents bien établis, qui ont vu s’affaiblir la croissance de leur PIB cette année. Les marchés frontières sont considérés comme une subdivision des marchés émergents, souvent plus petits et moins développés. Mes voyages m’ont récemment conduit dans l’un des plus grands marchés frontières, le Nigeria. Avec mon équipe, nous avons pu observer les changements qui se sont opérés dans le pays et discuter avec les propriétaires et dirigeants d’entreprises à propos de la difficulté de faire des affaires. En quête d’opportunités d’investissement, nous avons identifié de bonnes surprises.

L’économie nigériane est l’une des plus florissantes au monde, avec un taux de croissance du pib supérieur à 6% par an depuis 2003. [1] Avec une population supérieure à 170 millions d’habitants, le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique et le septième au monde. Les Nations Unies estiment qu’il pourrait rejoindre le top trois d’ici 2050 et dépasser les États-Unis. [2] Malheureusement, le Nigeria souffre d’un passé tragique marqué par des conflits et des luttes de pouvoir, le pays abritant plus de 500 groupes ethniques différents. Depuis son indépendance en 1960, le Nigeria a connu huit gouvernements militaires, de nombreux gouvernements civils et 30 mois de guerre civile. En avril 2011, Goodluck Ebele Jonathan a remporté les élections présidentielles. Lui et son parti sont maintenant confrontés à de nombreux défis, notamment la nécessité de réformer les secteurs pétrolier et énergétique. Les problèmes économiques ont amplifié les clivages ethniques et religieux du pays, le revenu moyen par habitant étant faible et les écarts de revenus toujours criants.

L’importance du pétrole (et de la sécurité)

Très importantes pour l’économie, les exportations pétrolières ont à plusieurs reprises été perturbées par des conflits dans le Delta du Niger, où des stocks ont été dérobés par des voleurs. Un programme d’amnistie a permis d’atténuer les violences, mais le danger d’instabilité est toujours présent.

La sécurité reste un problème important qui freine l’économie au Nigeria, même si les risques ne sont pas nécessairement partout. La principale menace est régionale, notamment dans le nord et autour du Delta du Niger, et provient essentiellement de groupes islamistes comme le Boko Haram, qui visent les forces de sécurité, les sites religieux, les actifs des télécommunications et les infrastructures publiques. Dans un réseau construit sur le patronage, la corruption pose également un problème majeur. Le point positif c’est que les autorités nigérianes sont conscientes de la nécessité de maintenir l’équilibre de la balance des pouvoirs entre les différentes régions et qu’elles veillent, dans la mesure du possible, à l’amélioration de la situation.

Le problème s’explique en partie par les subventions de l’État aux produits pétroliers raffinés, qui ont donné lieu à une contrebande massive de carburant subventionné, ensuite revendu à l’extérieur du pays à un prix supérieur à celui du marché. Début 2012, le gouvernement a réduit ses subventions de moitié et indiqué sa volonté de les supprimer complètement dans un avenir proche, ce qui selon nous devrait permettre de réduire les problèmes de contrebande. Les vols de pétrole en général sont un problème important au Nigeria et, selon les estimations, ils représentent près de 10% de la production totale de pétrole. Cette dernière équivaut à environ 2 millions de barils par jour, soit 700 millions par an [3], ce qui signifie que près de 70 millions de barils sont dérobés chaque année.

Même si elle a diminué au cours de la dernière décennie, l’inflation est un problème supplémentaire pour les entreprises et les consommateurs au Nigeria. Cette année, selon l’indice des prix à la consommation, l’inflation pourrait être inférieure à 10% si la tendance actuelle se confirme [4], ce qui serait une nette embellie par rapport aux années 1990, où les taux d’inflation annuels étaient supérieurs à 50%. Avec la baisse de l’inflation, nous pensons que la banque centrale du Nigeria pourrait bénéficier d’une plus grande latitude pour abaisser son taux directeur, qui est relativement élevé depuis fin 2011 (à 12%).

Le paysage d’investissement

Le Nigeria possède d’abondantes ressources naturelles, mais il souffre pour l’instant d’un manque cruel d’infrastructures. La plupart des hôtels et des entreprises doivent avoir leur propre générateur à diesel ou à essence, car le réseau électrique public n’est pas assez fiable. Cette situation résume à elle-seule la demande globale en nouvelles infrastructures électriques dans les pays émergents et surtout « frontières ». Une société sud-coréenne s’est récemment engagée à investir 30 milliards usd dans le secteur énergétique local ces dix prochaines années, annonce qui a été très bien accueillie. En mai, la Banque mondiale et l’International Finance Corporation (ifc) ont également annoncé leur intention d’investir près de 1 milliard usd dans ce secteur. Ce type d’investissements étrangers devrait permettre de soutenir la croissance économique du pays.

De récents projets de privatisation dans le secteur de l’électricité offrent la possibilité d’une hausse considérable de l’actionnariat étranger à terme, ce qui pourrait réduire la charge des subventions au budget de l’État et favoriser l’émergence d’entreprises rentables, qui paieront des impôts. Ces projets de plusieurs milliards de dollars concernent notamment la vente de quatre centrales thermiques, deux centrales hydroélectriques et onze sociétés de distribution d’électricité. En cas de succès, les coupures d’électricité et le coût élevé des offres alternatives qui freinent l’activité économique ne seront plus qu’un mauvais souvenir et la croissance pourra accélérer sur le long terme.

Même si la plupart des investisseurs connaissent surtout le Nigeria pour sa richesse en pétrole, il est important de noter que le pays exporte désormais 117 matières premières différentes vers 103 pays à travers le monde. Même si le pétrole reste sa principale exportation, il existe au Nigeria de nombreuses sociétés non liées à ce secteur et où nous décelons des opportunités. Dernièrement, nous avons visité plusieurs d’entre elles, à commencer par un gros cimentier.

Ses dirigeants nous ont dit qu’ils prévoyaient d’augmenter les capacités de production locales d’environ 9 millions de tonnes par an d’ici 2016. Pour encourager la production locale, l’État accorde aux nouvelles usines un sursis fiscal pouvant aller de trois à cinq ans. Le Nigeria contient d’importants gisements de calcaire, la principale matière première utilisée pour la production du ciment, et les prix du gaz sont relativement faibles, ce qui permet de faire tourner les usines à moindre coût. La demande intérieure en ciment progresse d’environ 10 % par an, surtout à l’initiative du secteur privé, ce qui montre selon nous que les dépenses d’infrastructure publiques sont insuffisantes au Nigeria. Cette tendance semble toutefois appelée à changer.

Visite d’un cimentier au Nigeria

L’un des dirigeants de la société nous a dit que le Nigeria était souvent sous-estimé. Selon lui, la plus grande difficulté c’est un manque de volonté politique efficace et, plus précisément, une faible volonté de promouvoir le secteur agricole local, le Nigeria important près de 1,2 milliard usd de denrées alimentaires chaque année. Toutefois, il estime aussi que les autorités publiques sont globalement favorables à l’activité et possèdent de bons conseillers économiques.

Nous avons également visité un producteur de bière. Les dirigeants de la société ont expliqué que les conditions d’exploitation étaient tributaires de la hausse des prix des combustibles et de l’électricité. De plus, l’insécurité pose parfois des problèmes au niveau de la distribution, mais un facteur qui contribue vraiment à l’instabilité est le problème du chômage, car le pays comprend une population jeune et nombreuse à la recherche d’un emploi. Même si la définition de « classe moyenne » ne correspond pas toujours à celle des pays fortement développés, on observe l’essor d’une classe de consommateurs qui bénéficient de revenus discrétionnaires croissants à dépenser. Les sociétés alimentaires et des boissons comptent bien en tirer parti.

La réforme du système bancaire a aussi permis à de nombreux étrangers de s’exposer de manière attractive à l’économie florissante du Nigeria. En effet, les banques sont importantes non seulement en raison de la montée en puissance de la microfinance, mais aussi à cause du développement du crédit à la consommation. Jusqu’à récemment, les banques finançaient essentiellement les grandes entreprises ou l’État, en achetant des obligations. Après une crise bancaire en 2008, la banque centrale du Nigeria a fait réaliser un audit du segment de la banque commerciale, et tous les établissements qui ne se sont pas montrés à la hauteur ont dû changer de directeur général. La société publique Asset Management Corporation (amcon) a été créée pour racheter les prêts non performants et recapitaliser les banques en difficulté. Dernièrement, une étude du fmi sur les banques du pays a mis en évidence une hausse sensible des bénéfices du secteur en 2012, avec des ratios de fonds propres supérieurs au minimum requis de 10 % et un ratio de créances douteuses inférieur au seuil maximal de 5%. [5]

Les responsables d’une banque nigériane que nous avons visitée ont été francs quant aux défis qui les attendent. Ils ont reconnu que le marché comportait un risque intrinsèque lié à l’incertitude politique, à la volatilité potentielle de la devise, mais aussi à l’ingérence de l’État et à la corruption. En revanche, ils ont insisté sur le fait que la structure amcon avait maintenant bien assaini le secteur bancaire et que les équipes dirigeantes mettaient tout en œuvre pour atteindre leurs objectifs de croissance et devenir plus rentables. Selon eux, la croissance proviendra des prêts accordés pour des projets dans les infrastructures, l’électricité et l’agriculture. De plus, ils ont souligné l’expansion rapide du crédit à la consommation. Comme beaucoup d’autres banques nigérianes, cet établissement est implanté à l’étranger avec des activités à l’extérieur du pays.

Dans un autre secteur, nous nous sommes rendus dans un conglomérat occupant un positionnement dominant dans l’alimentation, avec une chaîne de restauration rapide et de marques alimentaires distribuées à un large pan de la population. Ses dirigeants ont fait écho aux problèmes de sécurité déjà mentionnés par ailleurs, notamment dans le nord du pays, et qui ont pénalisé la distribution et la production de la société. Ils ont également abordé la hausse des taxes à l’importation sur le blé, peut-être même encore plus pénalisante pour eux et qui s’est répercutée sur les coûts des intrants de la production alimentaire et de la restauration.

Dans le secteur pétrolier, nous avons visité une société qui a changé sa stratégie et sa structure : autrefois, elle n’était qu’un groupe local de vente en aval, mais elle est aujourd’hui un groupe énergétique intégré avec des métiers couvrant non seulement la commercialisation des produits pétroliers, mais aussi l’exploration et la production de brut, la négociation de pétrole à l’international, des solutions de gaz et électricité, et des services pétroliers.

Au Nigeria comme dans d’autres pays, ces visites de sociétés ont porté leurs fruits car elles nous ont permis de découvrir les problèmes auxquels les entrepreneurs sont confrontés et comment ils y font face. Nous pensons que l’économie nigériane et l’organe politique devraient se renforcer au fil des tentatives de réformes futures, ce qui devrait multiplier nos opportunités d’investissement dans le pays. Le Nigeria est pour nous une destination d’investissement fascinante, et pas seulement en raison de sa richesse en pétrole. Les autorités privatisent et investissent dans des secteurs comme l’extraction minière, l’agriculture, la finance ou la production manufacturière pour réduire la dépendance de l’économie envers le pétrole, ce qui devrait favoriser l’économie sur le long terme.

Reproduit avec l’autorisation de Franklin Templeton.


[1Source : Banque mondiale, croissance annuelle du PIB (%), Indicateurs de développement mondiaux.

[2Source : Communiqué de presse des Nations unies, 30 juin 2013. « La population mondiale devrait atteindre 9,6 milliards d’ici 2050, l’essentiel de la croissance venant des régions en développement, en particulier de l’Afrique. »

[3Source : Agence américaine d’information sur l’énergie, août 2013.

[4Source : Bureau national des statistiques, Nigeria, “Statistical News” (no. 520, juin 2013)

[5Source : Rapport national du FMI no. 13/140, « Nigeria : Financial Sector Stability Assessment », mai 2013. Copyright © 2013. Fonds monétaire international. Tous droits réservés. »

Merci d'activer le javascript pour profiter pleinement de ce site