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Œkonomia

Le sens de la guerre des changes

« En résumé, on peut dire ceci : le rapport de dépendance des pays émergents aux pays développés est déjà complètement inversé [suite à la crise grecque]. C’est assurément l’événement le plus important de cette année 2010, voire de la décennie. »

En effet, en cessant leurs plans de relance, en mettant en œuvre des politiques d’austérités budgétaires pour désendetter leurs Etats, en contraignant les ménages à se désendetter également, les pays développés ne peuvent plus compter ni sur leur consommation intérieure, ni sur les investissements des entreprises pour relancer une forte croissance économique. Que reste-t-il ?
Il ne reste que la consommation nouvelle, et extrêmement dynamique, des nouveaux pays émergents pour stimuler les exportations des pays développés, et donc la croissance mondiale. Ainsi, aussi bien la très forte croissance de l’Allemagne au second trimestre, que l’excédent commercial record du Japon au premier trimestre, et qu’une certaine reprise de l’investissement des entreprises américaines, dépendent presque exclusivement du dynamisme du commerce mondial, peu à peu concentré autour de la seule consommation intérieure des pays émergents.
C’est ce que nous avons appelé : la dépendance nouvelle des pays développés, vis-à-vis de la consommation des ménages émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine en tête).

« Guerre des changes »

Les mois de Septembre et Octobre 2010 ont été le théâtre d’une nouvelle étape, dans la constitution du nouvel ordre économique mondial, accéléré par la crise financière de 2008/2009.
En effet, dépendant de plus en plus fortement de leurs exportations, les pays développés notamment, ont commencé à se livrer à une guerre des monnaies, qui marque la naissance d’un esprit non-coopératif, inquiétant à certains titres s’il se développe, entre les grandes puissances économiques mondiales.

L’Histoire est la suivante :
La Chine, après avoir fait goûter à l’économie japonaise la puissance de sa croissance au premier trimestre, décide de diversifier ses colossales réserves de changes en USD. Elle s’est mise à acheter du yen, faisant monter de façon colossale la devise japonaise, et pénalisant ipso facto leurs exportations vers la Chine.
Il faut dire que ces achats de yen, que nous annoncions dès le second trimestre 2010, apparaît également comme « une sanction » de la Chine envers l’économie japonaise, suite à un différent politique sur des eaux territoriales revendiquées par ces deux pays...
Résultats : les titres des sociétés japonaises tournées vers l’exportation ont chuté suite à la hausse de leur devise (qui pénalise leurs exportations) ; certaines de ces sociétés réfléchissent aujourd’hui à quitter le territoire japonais pour s’implanter directement sur le sol chinois, et produire en devise locale pour la population locale chinoise... Que restera-t-il, dans ces conditions, de la faible croissance japonaise ?...
Les marxistes savent bien que la dépendance économique constitue les prémices de la dépendance politique. – N’oublions pas que la Chine, le Brésil, la Russie ont un fort passé socialiste.
Aussi, après de nombreux atermoiements des entreprises japonaises, la Banque Centrale du Japon a menacé d’intervenir sur le marché des changes, pour faire baisser artificiellement sa monnaie. Puis, elle est passée à l’acte, en utilisant une partie de ses réserves de changes... Et le Yen a baissé par rapport aux autres devises...
Du côté du dollar, la faiblesse de la croissance américaine constatée au second semestre, et le risque d’un retour en récession de celle-ci, ont amené Ben Bernanke, le patron de la FED, à envisager, le cas échéant, un nouveau « quantitative easing » - ce qui revient, en langage clair, à imprimer des dollars (planche à billet) pour les prêter à l’Etat américain, en mal de financement pour sa colossale dette d’Etat.
Résultat : face à cette éventualité, le dollar a brutalement baissé par rapport aux autres monnaies – favorisant...les exportations américaines vers les pays émergents, naturellement !
Et le Yuan chinois, qui évolue toujours, quoiqu’on dise, dans une étroite fourchette autour du dollar américain, est entraîné par la baisse de ce dernier, favorisant...les exportations chinoises vers les pays développés, naturellement !
Faut-il parler de la monnaie brésilienne ? Pour s’efforcer de faire baisser le real brésilien, l’Etat brésilien a multiplié par deux l’IFO (la taxe sur l’entrée des capitaux étrangers en placement monétaire, pour spéculer sur la hausse de ladite monnaie brésilienne), entre autres mesures... Etc, etc, etc...
Ainsi, toutes les grandes monnaies sont entrées dans ce que nous avons annoncé dès l’an passé, à savoir une dévaluation compétitive, afin de « manger la plus grosse part possible » du gâteau du commerce mondial, constitué principalement par la nouvelle consommation des pays émergents notamment.

Et l’Europe dans tout ça ? Et bien...
Rien !
Face à toutes ces interventions mondiales pour faire baisser leurs monnaies, l’Europe, ce groupe politico-économique hétéroclite et bariolé, fait montre d’une orthodoxie monétaire irréprochable, qui sera extrêmement préjudiciable à la croissance européenne.
La Banque Centrale Européenne a décidé...de ne rien faire – tout simplement !
Résultat : l’ensemble des capitaux qui ont investi sur le yuan et le dollar lorsque ces monnaies étaient portées au pinacle, se sont reportés sur l’euro : et l’euro s’est apprécié brutalement, par rapport à l’ensemble des grandes monnaies des pays développés et émergents.
Entre le 1er septembre 2010 et ce jour du 13 octobre 2010, soit en l’espace d’un mois et demi, l’euro s’est apprécié de...+10.3% par rapport au dollar !
Pourquoi la Banque Centrale Européenne n’agit-elle pas ? Pour de nombreuses raisons : il est en effet compliqué de piloter une politique monétaire unique pour des Etats aussi différents économiquement que l’Allemagne d’un côté, qui a affiché au second semestre une croissance digne d’un pays émergent (+9% en rythme annualisé !), et les pays d’Europe du Sud, en proie à la récession, et dont certains
ne peuvent même plus emprunter sur les marchés (Grèce en particulier).
En outre, l’Allemagne est un pays toujours traumatisé par la grande dévaluation du Deutsch Mark après la crise de 1929, qui a amené, pensent-ils, la seconde guerre mondiale...
Aussi, ce pays fait-il pression inlassablement pour limiter les mesures exceptionnelles de soutien aux Etats (le plan de soutien à la Grèce a été admis sous la pression notamment française, certaines rumeurs ont affirmé que Nicolas Sarkozy aurait menacé de sortir la France de l’euro, si l’Allemagne ne consentait pas au plan historique de soutien inter-Etats européens, décidé le soir même, malgré les nombreuses tentatives de blocage du coté allemand), et l’Allemagne continue aujourd’hui de faire pression aussi pour empêcher toute intervention sur le marché des changes...d’où, la hausse brutale de l’euro.
Nicolas Sarkozy, président du prochain G20 qui aura lieu en novembre, a mis au programme la nécessité d’élaborer un nouveau système de change mondial, qui permette une certaine stabilité des devises, et une croissance équilibrée entre les pays émergents et les pays développés. Une décision en ce sens serait historique, mais extrêmement difficile à obtenir au vu du climat délétère de la diplomatie sino-euro-américaino-japonaise...

NOS ANTICIPATIONS

MANDATS PATRIMONIAUX

DEVISES
Nous pensons toujours que la hausse de l’euro ne se poursuivra pas à moyen terme : elle ne reflète guère les fondamentaux européens, et résulte plus d’un mouvement de capitaux voulant se protéger des interventions visant la dévaluation des autres grandes monnaies (yuan, USD, yen, real...).
Nous pensons que, malgré les derniers stress tests, le système bancaire européen reste extrêmement fragile, beaucoup plus fragile que les banques américaines, où le nettoyage a été bien plus achevé. Les problèmes liés aux dettes d’Etats européens sont également loin d’être résolus.
Le point positif est la croissance des exportations allemandes au second trimestre – mais nous pensons que le Gouverneur de la Banque Centrale Européennne et certains dirigeants allemands se grisent de ces très bons chiffres. Il ne faut pas oublier que l’aggravation de la crise grecque a mené une forte baisse de l’euro, permettant à l’Allemagne d’afficher ces chiffres économiques exceptionnels. Et, à l’inverse, la hausse récente de l’euro et l’inactivisme de la Banque Centrale, qui pourraient se poursuivre à court terme, aura raison de la croissance de ces exportations, ainsi que des exportations européennes.
Une telle diminution des exportations européenne (elles sont presque l’unique relai de croissance des pays développés, rappelons-le), ne manquera pas de faire ressurgir les inquiétudes sur les dettes d’Etats et le système financier européen.
Malgré les bons chiffres récents, nous continuons de penser que l’Europe sera lanterne rouge de la croissance mondiale des prochaines années.
Nous avons procédé à quelques aménagements dans nos portefeuilles, permettant de gérer à court terme cette hausse brutale de l’euro – mais nous maintenons résolument notre scénario monétaire à moyen terme : préférence pour le dollar US contre l’euro, préférence pour les monnaies des pays développés peu endettés (dollar canadien, dollar australien, couronne suédoise en particulier), et plus encore, préférence pour les monnaies émergentes hors yuan chinois, encore indexé sur le dollar (real brésilien, rouble, zloty...) – la force et la solidité de leur croissance, la faiblesse de l’endettement de leurs Etats, enfin leurs réserves de change astronomique, amènera durablement ces monnaies à s’apprécier contre les grandes monnaies des pays développés (USD, Euro, Yen).

ACTIONS
Comme depuis presque deux ans, le premier axe de nos investissements en actions sont les entreprises des pays émergents profitant de l’émergence de classes moyennes dans ces pays, et de leur consommation naissante – nouveau cœur de la croissance économique mondiale.
A moyen terme, le ralentissement constaté des économies développées va diminuer les pressions inflationnistes dans
les pays émergents, permettant aux Etats émergents de limiter leurs mesures anti-surchauffe. Ceci (mollesse de la croissance des pays développés, pressions inflationnistes en baisse) étant extrêmement favorable au développement de la consommation intérieure de ces pays.
Aussi, nous avons retiré toutes nos couvertures contre le risque de marché, et sommes exposés à 100% sur nos marchés de prédilections.
Par ailleurs, nous avons initié en septembre, de légères positions de long terme sur des « pays nouveaux », entraînés par la consommation des grands pays émergents. Ces « marchés frontières » - Nigéria, Colombie, Kazakhstan...-seront, à notre avis, les futurs « dragons » de la nouvelle donne économique mondiale.
Sait-on que le premier marché mondial en terme de paiement par téléphone mobile, tant en volume qu’en développement est...le Nigéria ?
Le monde change !

MANDAT SPECIAL n°1 :

Notre mandat spécial n°1, permettant d’investir exclusivement dans la consommation intérieure des pays émergents, par une sélection indépendante des meilleurs spécialistes mondiaux de ces marchés, et une méthode de sécurisation qui nous est propre (voir Présentation Mandat Spécial n°1), a été également légèrement modifié en septembre :
Nous avons sélectionné un troisième gérant de portefeuille sur ces marchés, qui partage résolument notre conviction : il s’agit de Mark Mobius – Templeton.
Considéré comme l’un des meilleurs investisseurs du siècle, aux côtés d’un Warren Buffet, le développement de la consommation des pays émergents est aujourd’hui sa presque exclusive préoccupation – il a créé un fond dédié exclusivement à cette thématique.
Nous sommes à ce jour investis à 100% au sein de ce mandat, considérant que le ralentissement de la croissance des pays développés est extrêmement favorable à nos marchés de prédilections (cf. rapport de gestion Mandat Spécial n°1).

En restant à votre entière disposition,

Christophe Brochard
Conseil en Investissement Financier agréé par l’AMF
Chargé de cours en Master II – Université de Strasbourg

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